93 élus, 635.1M€ de marchés publics, 27 croisements détectés entre intérêts privés et argent public. Plongée dans les données du Yvelines.

Le Yvelines en chiffres

Le Yvelines (78) compte 93 responsables publics soumis à des obligations de transparence. Ces élus — maires, conseillers départementaux et régionaux, parlementaires — sont les gestionnaires de l'argent public de ce territoire.

Sur la période analysée, 604 contrats publics ont été attribués dans le département, pour un montant cumulé de 635.1M€. Ces marchés — travaux, fournitures, services — sont financés par l'impôt. Chaque euro dépensé devrait être traçable.

424 entreprises distinctes se partagent ces contrats publics. La question centrale : cette répartition est-elle équitable, ou certains acteurs bénéficient-ils d'un accès privilégié ?

Le score de cohérence moyen des élus du Yvelines (47/100) est significativement inférieur à la moyenne nationale (59/100). Cet écart de 12 points mérite attention.

Chiffres clés

93Élus déclarantssur 6667 au national
604Marchés publics635.1M€ cumulés
424Entreprises attributairesprestataires distincts
27Croisements détectésliens élu ↔ entreprise ↔ marché
78/100Score de concentrationdiversité des attributaires

Croisements détectés : quand intérêts privés et argent public se rencontrent

VigiCité a identifié 27 croisements dans le Yvelines. Un croisement, c'est un fait simple : un élu déclare détenir des intérêts dans une entreprise, et cette même entreprise obtient des contrats publics dans son département d'exercice. Nous présentons ci-dessous les 3 situations les plus significatives.

Au total, les entreprises concernées par ces croisements ont obtenu 2.5M€ de marchés publics dans le département.

1. Yaël BRAUN-PIVET — Députée des Yvelines Yaël BRAUN-PIVET déclare à la HATVP détenir des participations dans ENGIE. Or, cette entreprise a obtenu 5 contrats publics dans le Yvelines, pour un montant cumulé de 1.7M€.

2. Alexandra ROSETTI — Vice-Présidente de la communauté d'agglomération de Saint Quentin en Yvelines Alexandra ROSETTI déclare à la HATVP détenir des participations dans CITALLIA. Or, cette entreprise a obtenu 2 contrats publics dans le Yvelines, pour un montant cumulé de 459K€. Son score de cohérence globale (47/100) se situe en dessous de la médiane. Son score de transparence déclarative (45/100) se situe en dessous de la médiane.

3. Nicole BRISTOL — Vice-Présidente de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine Nicole BRISTOL déclare à la HATVP détenir des participations dans CDA. Or, cette entreprise a obtenu 1 contrat public dans le Yvelines, pour un montant cumulé de 320K€. Son score de cohérence globale (46/100) se situe en dessous de la médiane. Son score de transparence déclarative est de 35/100, ce qui le place parmi les profils les plus significatifs du département.

Rappel : un croisement n'est pas une infraction. C'est un fait objectif, issu du recoupement de données publiques. La loi autorise un élu à détenir des participations, à condition de les déclarer et de se déporter des décisions concernant ces entreprises. VigiCité ne porte aucun jugement — il rend visible ce qui est public.

Concentration des marchés publics

Le score de concentration des marchés du Yvelines s'établit à 78/100. Cela indique une concentration modérée : quelques entreprises obtiennent une part notable des contrats, sans que cela ne constitue une anomalie flagrante.

L'entreprise la plus présente, COLAS FRANCE (SIREN 329338883), totalise 9 contrats pour 37M€. Cela représente environ 6% du volume total des marchés du département.

Les trois premiers attributaires (COLAS FRANCE, SOCIETE FRANCAISE DU RADIOTELEPHONE - S.F.R, SAVPRO SOCIETE D'ACHAT DE VENTE ET DE PROTECTION) cumulent 24 contrats pour 42.1M€, soit environ 7% du total départemental.

Le score de concentration est calculé à partir de l'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), qui mesure la répartition des parts de marché entre les entreprises attributaires. Un score de 100 signifie une répartition parfaitement équitable ; un score proche de 0 signifie qu'une seule entreprise capte tout.

Transparence déclarative des élus

Sur les 93 élus du Yvelines référencés par VigiCité, 93 ont au moins une déclaration enregistrée à la HATVP.

0 (0%) ont une déclaration de patrimoine accessible, et 76 (82%) ont une déclaration d'intérêts. La déclaration de patrimoine est la plus sensible : elle liste les biens immobiliers, comptes bancaires, et participations financières de l'élu.

La déclaration la plus récente dans le département date du 2026-02-07.

Le score moyen de transparence déclarative du département est de 46/100. Ce score prend en compte la complétude des déclarations, leur ancienneté, et la disponibilité des données en format ouvert (XML).

Densité du réseau élu-entreprises

L'analyse des réseaux de relations entre élus et entreprises dans le Yvelines révèle des profils à densité variable. Un élu avec de nombreuses relations détectées n'est pas nécessairement en situation irrégulière — il peut s'agir d'un entrepreneur élu, ou d'un responsable de collectivité importante. Ce qui compte, c'est la cohérence entre ce qui est déclaré et ce qui est détecté.

Yaël BRAUN-PIVET (Députée des Yvelines) : 104 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.

Alexandra ROSETTI (Vice-Présidente de la communauté d'agglomération de Saint Quentin en Yvelines) : 103 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.

Anne-Sophie RONCERET (Députée des Yvelines) : 103 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.

Julien CHAMBON (Vice-Président de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine) : 103 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.

Arnaud PERICARD (Vice-Président de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine) : 102 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.

En moyenne, les élus les plus connectés du département ont 102 relations détectées.

Profils les plus significatifs

ÉluFonctionScore
Nicole BRISTOLVice-Présidente de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine46/100
Alexandra ROSETTIVice-Présidente de la communauté d'agglomération de Saint Quentin en Yvelines47/100
Arnaud PERICARDVice-Président de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine47/100
Jean Roger DAVINVice-Président de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine47/100
Marie-Dominique PARISOTVice-Présidente de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine47/100
Olivier DE LA FAIREConseiller départemental des Yvelines47/100
Olivier LEBRUNVice-Président de la communauté d'agglomération Versailles Grand Parc47/100
Pauline WINOCOUR LEFEVREVice-Présidente du conseil départemental des Yvelines47/100
Arnaud DE BOURROUSSEVice-Président de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine47/100
Bertrand COQUARDVice-Président de la communauté d'agglomération de Saint Quentin en Yvelines47/100

Principaux attributaires de marchés

Sources, méthodologie et limites

Sources utilisées :

HATVP : déclarations de patrimoine et d'intérêts des responsables publics, mises à jour en continu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

DECP — data.gouv.fr : données essentielles de la commande publique, publiées par les acheteurs publics conformément à l'article 107 du décret n°2016-360.

API recherche-entreprises : données SIRENE de l'INSEE pour l'identification des entreprises.

Méthodologie de croisement :

Un croisement est détecté lorsqu'un élu déclare des participations financières dans une entreprise (via sa déclaration HATVP), et que cette même entreprise apparaît comme attributaire de marchés publics dans le département d'exercice de l'élu. Le rapprochement est effectué par numéro SIREN (identifiant unique INSEE), ce qui élimine les homonymies.

Scores de cohérence :

Chaque élu reçoit un score sur quatre dimensions (cohérence patrimoine, concentration marchés, densité réseau, transparence déclarative) dont la méthodologie complète est disponible sur la page Méthodologie. Un score bas n'est pas un jugement : c'est un signal qui mérite vérification.

Toutes les données sont publiques, toutes les analyses sont reproductibles, et le code source de VigiCité est ouvert sous licence AGPL-3.0.