147674M€ de marchés publics. 976542 croisements élu-entreprise. Votre argent. Pouvez-vous vérifier comment il est dépensé ?

L'argent public n'est pas un concept abstrait

147674M€ — c'est le volume de marchés publics que VigiCité analyse. C'est votre argent. Celui de vos impôts, de vos cotisations, de vos taxes locales.

Chaque euro dépensé par un élu est un euro que vous avez gagné. Chaque contrat attribué est une décision prise en votre nom. La moindre des choses, c'est de pouvoir regarder.

Et pourtant. L'opacité persiste. Non pas parce que les données n'existent pas — elles sont publiques. Mais parce qu'elles sont dispersées, difficiles d'accès, et rarement croisées entre elles.

Le prix de l'opacité en chiffres

147674M€Argent public analysé77329 contrats
976542Relations élu-entrepriseparticipations croisées avec marchés
59/100Score composite moyencohérence nationale
109Départements analysésécart max : 50 pts

Quand la transparence fait défaut

Les départements avec les scores les plus bas — Nord (45/100), Indre-et-Loire (48/100), Ille-et-Vilaine (49/100), Haute-Vienne (50/100), Maine-et-Loire (51/100) — ne sont pas nécessairement mal gérés. Mais les données y révèlent davantage de situations opaques : marchés concentrés sur peu d'entreprises, croisements élu-entreprise plus fréquents, déclarations moins complètes.

L'opacité a un coût. Pas toujours financier. Mais toujours démocratique. Quand les citoyens ne peuvent pas vérifier, la confiance s'érode. Et quand la confiance s'érode, c'est la démocratie elle-même qui s'affaiblit.

La concentration : un amplificateur d'opacité

Quand les marchés publics sont concentrés sur un petit nombre d'entreprises, l'opacité est d'autant plus problématique. Le score moyen de concentration est de 91.3/100 au niveau national.

Les entreprises les plus présentes — COLAS FRANCE (884 contrats), ENGIE (458 contrats), TOTALENERGIES ELECTRICITE ET GAZ FRANCE (404 contrats) — obtiennent des centaines de contrats dans des dizaines de départements. Ce n'est pas illégal. Mais quand ces entreprises sont également liées à des élus via des participations déclarées, la question du coût de l'opacité prend une dimension concrète.

Les réseaux invisibles

5648 élus ont plus de 10 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics. Le record : 422 relations pour un seul élu.

Ces réseaux ne sont pas secrets — les données sont publiques. Mais sans croisement, ils restent invisibles. C'est exactement ce que produit l'opacité : non pas l'absence d'information, mais l'impossibilité pratique de la lire.

Les déclarations : un verre à moitié vide

Seuls 0% des élus soumis à déclaration ont un patrimoine consultable en données ouvertes. Et seulement 100% des déclarations existantes sont en format numérique exploitable (XML).

Le reste ? Il faut aller les consulter en préfecture. En 2026. Avec un rendez-vous. L'opacité n'est pas toujours un choix délibéré — parfois, c'est simplement un défaut de modernisation.

Ce que chaque citoyen peut faire

1. S'informer. Les données sont publiques. VigiCité les rend lisibles. Consultez les fiches des élus de votre territoire.

2. Comparer. Regardez comment votre département se situe dans le classement. Les écarts entre territoires sont parfois spectaculaires.

3. Questionner. Les élus rendent des comptes. C'est l'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme : « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

4. Partager. La transparence fonctionne quand les citoyens s'en emparent. Chaque fiche partagée, chaque article relayé, réduit le coût de l'opacité.

Sources et méthodologie

Toutes les données proviennent de sources publiques : HATVP (déclarations de patrimoine et d'intérêts), data.gouv.fr (marchés publics DECP), API recherche-entreprises (SIRENE). Méthodologie complète sur la page Méthodologie.