13 élus, 15.1M€ de marchés publics, 8 croisements détectés entre intérêts privés et argent public. Plongée dans les données du Lozère.
Le Lozère en chiffres
Le Lozère (48) compte 13 responsables publics soumis à des obligations de transparence. Ces élus — maires, conseillers départementaux et régionaux, parlementaires — sont les gestionnaires de l'argent public de ce territoire.
Sur la période analysée, 78 contrats publics ont été attribués dans le département, pour un montant cumulé de 15.1M€. Ces marchés — travaux, fournitures, services — sont financés par l'impôt. Chaque euro dépensé devrait être traçable.
65 entreprises distinctes se partagent ces contrats publics. La question centrale : cette répartition est-elle équitable, ou certains acteurs bénéficient-ils d'un accès privilégié ?
Le score de cohérence moyen des élus du Lozère (71/100) est supérieur à la moyenne nationale (59/100), ce qui place ce département parmi les mieux positionnés en matière de transparence.
Chiffres clés
Croisements détectés : quand intérêts privés et argent public se rencontrent
VigiCité a identifié 8 croisements dans le Lozère. Un croisement, c'est un fait simple : un élu déclare détenir des intérêts dans une entreprise, et cette même entreprise obtient des contrats publics dans son département d'exercice. Nous présentons ci-dessous les 1 situations les plus significatives.
Au total, les entreprises concernées par ces croisements ont obtenu 194K€ de marchés publics dans le département.
1. Jean-Louis BRUN — Conseiller départemental de la Lozère Jean-Louis BRUN déclare à la HATVP détenir des participations dans ASSOCIATION TERRES DE VIE EN LOZERE. Or, cette entreprise a obtenu 1 contrat public dans le Lozère, pour un montant cumulé de 194K€. Son score de transparence déclarative (45/100) se situe en dessous de la médiane.
Rappel : un croisement n'est pas une infraction. C'est un fait objectif, issu du recoupement de données publiques. La loi autorise un élu à détenir des participations, à condition de les déclarer et de se déporter des décisions concernant ces entreprises. VigiCité ne porte aucun jugement — il rend visible ce qui est public.
Concentration des marchés publics
Avec un score de concentration de 94/100, le Lozère présente une bonne diversité dans l'attribution de ses marchés publics. Les contrats sont répartis entre un nombre significatif d'entreprises, ce qui est un indicateur positif de concurrence.
L'entreprise la plus présente, TOTALENERGIES ELECTRICITE ET GAZ FRANCE (SIREN 442395448), totalise 3 contrats pour 1.8M€. Cela représente environ 12% du volume total des marchés du département.
Les trois premiers attributaires (TOTALENERGIES ELECTRICITE ET GAZ FRANCE, ENGIE, ENTREPRISE MARQUET) cumulent 9 contrats pour 3.8M€, soit environ 25% du total départemental.
Le score de concentration est calculé à partir de l'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), qui mesure la répartition des parts de marché entre les entreprises attributaires. Un score de 100 signifie une répartition parfaitement équitable ; un score proche de 0 signifie qu'une seule entreprise capte tout.
Transparence déclarative des élus
Sur les 13 élus du Lozère référencés par VigiCité, 13 ont au moins une déclaration enregistrée à la HATVP.
0 (0%) ont une déclaration de patrimoine accessible, et 11 (85%) ont une déclaration d'intérêts. La déclaration de patrimoine est la plus sensible : elle liste les biens immobiliers, comptes bancaires, et participations financières de l'élu.
La déclaration la plus récente dans le département date du 2026-01-07.
Le score moyen de transparence déclarative du département est de 50/100. Ce score prend en compte la complétude des déclarations, leur ancienneté, et la disponibilité des données en format ouvert (XML).
Densité du réseau élu-entreprises
L'analyse des réseaux de relations entre élus et entreprises dans le Lozère révèle des profils à densité variable. Un élu avec de nombreuses relations détectées n'est pas nécessairement en situation irrégulière — il peut s'agir d'un entrepreneur élu, ou d'un responsable de collectivité importante. Ce qui compte, c'est la cohérence entre ce qui est déclaré et ce qui est détecté.
Rémi ANDRE (Vice-Président du conseil départemental de la Lozère) : 14 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.
Jean-Louis BRUN (Conseiller départemental de la Lozère) : 13 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.
Denis BERTRAND (Vice-Président du conseil départemental de la Lozère) : 12 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.
Laurent SUAU (Président de la communauté de communes Cœur de Lozère) : 12 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.
Patricia BREMOND (Vice-Présidente du conseil départemental de la Lozère) : 12 relations détectées avec des entreprises titulaires de marchés publics.
En moyenne, les élus les plus connectés du département ont 12 relations détectées.
Profils les plus significatifs
| Élu | Fonction | Score |
|---|---|---|
| Jean-Louis BRUN | Conseiller départemental de la Lozère | 68/100 |
| Johanne TRIOULIER | Vice-Présidente du conseil départemental de la Lozère | 69/100 |
| Michèle MANOA | Conseillère départementale de la Lozère | 69/100 |
| Rémi ANDRE | Vice-Président du conseil départemental de la Lozère | 69/100 |
| Denis BERTRAND | Vice-Président du conseil départemental de la Lozère | 70/100 |
| Patricia BREMOND | Vice-Présidente du conseil départemental de la Lozère | 70/100 |
| Robert AIGOIN | Vice-Président du conseil départemental de la Lozère | 70/100 |
| Françoise AMARGER | Vice-Présidente du conseil départemental de la Lozère | 73/100 |
| Laurent SUAU | Président de la communauté de communes Cœur de Lozère | 74/100 |
| Christophe GACHE | Président de la communauté de communes des Terres d'Apcher-Margeride-Aubrac | 75/100 |
Principaux attributaires de marchés
| Entreprise | Marchés | Total |
|---|---|---|
| TOTALENERGIES ELECTRICITE ET GAZ FRANCE | 3 | 1.8M€ |
| ENGIE | 3 | 1.5M€ |
| ENTREPRISE MARQUET | 3 | 511K€ |
| SOMATRA | 3 | 308K€ |
| SARL LE ROUGE ET LE NOIR | 2 | 25K€ |
| CHIMIREC MASSIF-CENTRAL | 2 | 1.2M€ |
| SARL ERIC PELAT | 2 | 156K€ |
| SARL DOS SANTOS - BARROSO | 2 | 563K€ |
| ELECTRICITE DE FRANCE | 2 | 1.3M€ |
| ODILE BOUQUET | 1 | 264K€ |
Sources, méthodologie et limites
Sources utilisées :
— HATVP : déclarations de patrimoine et d'intérêts des responsables publics, mises à jour en continu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
— DECP — data.gouv.fr : données essentielles de la commande publique, publiées par les acheteurs publics conformément à l'article 107 du décret n°2016-360.
— API recherche-entreprises : données SIRENE de l'INSEE pour l'identification des entreprises.
Méthodologie de croisement :
Un croisement est détecté lorsqu'un élu déclare des participations financières dans une entreprise (via sa déclaration HATVP), et que cette même entreprise apparaît comme attributaire de marchés publics dans le département d'exercice de l'élu. Le rapprochement est effectué par numéro SIREN (identifiant unique INSEE), ce qui élimine les homonymies.
Scores de cohérence :
Chaque élu reçoit un score sur quatre dimensions (cohérence patrimoine, concentration marchés, densité réseau, transparence déclarative) dont la méthodologie complète est disponible sur la page Méthodologie. Un score bas n'est pas un jugement : c'est un signal qui mérite vérification.
Toutes les données sont publiques, toutes les analyses sont reproductibles, et le code source de VigiCité est ouvert sous licence AGPL-3.0.